Blendecques. Deux ans et demi après les terribles inondations dans la région, l’agglomération de Saint-Omer a lancé le chantier de démolition des premières maisons de Blendecques parmi les plus exposées aux caprices de l’Aa.
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Triste issue. C’est l’issue qu’une habitante historique de la ville redoutait tant et qu’elle a longtemps refusée. Et l’ironie du sort a voulu que la maison de cette femme, tout au bout de l’impasse Salengro, fût la première à disparaître du paysage il y a quelques jours.
La première d’un quartier d’une douzaine d’habitations pavillonnaires construites dans les années 1980, le long de l’Aa, le fameux cours d’eau qui a montré, fin 2023 et début 2024, combien il pouvait être bien plus dangereux qu’un petit fleuve côtier en deux lettres dans les grilles de mots croisés. Toutes les habitations ont été construites par le mari de cette dame, ajoutant une valeur sentimentale à cette triste issue.
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Pourquoi ? Là, en plein centre de Blendecques, l’Aa se sépare en deux bras comme pour mieux piéger les habitations qui la bordent en cas de forte crue. Les inondations de 2023 et 2024 n’étaient pas une alerte. La ville en avait déjà connu en 1999 puis en 2002 pour les plus récentes et marquantes.
Depuis 2002, un syndicat mixte a été créé pour lutter contre les inondations et gérer la rivière avec de gros aménagements sur tout son cours, mais aussi à Blendecques en partie endiguée, il y a une petite dizaine d’années. Mais cela n’a pas suffi. Plus de 700 maisons impactées dans la ville de 5 000 âmes. Trente-six vont être détruites. Dont celles de l’impasse A de la rue Roger-Salengro, qui ont connu jusqu’à 1,80 m d’eau entre leurs murs.
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Blendecques touchée. Cette fois fut celle de trop pour les habitants, élus et même les entreprises de la ville. RDM, l’une des deux papeteries de cette cité ouvrière, a cessé son activité en août 2024, les inondations ayant sans doute précipité la décision de l’actionnaire américain. Dans le centre, l’école privée a, elle aussi, fait les frais des dernières inondations. Elle est en passe d’être reconstruite à 2 km de là, toujours à Blendecques mais loin du centre-ville, sur le site de La Malassise qui l’héberge depuis.
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Chantier lancé. C’est le chantier de démolition de ce quartier qui a démarré il y a quelques semaines. Une douzaine de maisons pavillonnaires rachetées par la communauté d’agglomération (CAPSO) ou l’Établissement public foncier. En attendant deux autres au débouché du carrefour, cette fois rue Salengro, coupée à la circulation depuis le début du chantier.
La CAPSO, maître d’ouvrage, a donné la possibilité aux propriétaires des maisons vouées à la destruction de récupérer un maximum de matériaux (tuiles, fenêtres, etc.) avant de mettre les bâtiments en sécurité.
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Et après ? La démolition et l’évacuation des déchets de l’ensemble de la rue seront terminées avant la fin de l’année. Après quoi l’agglomération cédera la zone au SmageAa, le syndicat en charge du bassin versant, pour «
aménager un ouvrage de gestion des crues nécessitant un reprofilage du lit de la rivière. » Le syndicat mixte restaurera deux méandres «
adaptés » et renaturera l’îlot. Un chantier qui n’interviendra pas avant l’été 2028.
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Au-delà de Blendecques. Il s’agit du premier chantier de démolition d’habitations lancé dans le bassin versant de l’Aa dans le sillage de 2023-24. À ce jour, seule l’école de musique d’Arques, en centre-ville, au bout d’une autre rue emblématique du double épisode de crues, a été mise à terre. Ses voisines, les maisons de la rue Henri-Puype, feront l’objet d’un autre marché de démolition, probablement à partir de septembre 2027. Arques compte encore plus d’habitations à démolir, 43 en tout.◼