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06/29/2026

CABBALR Digues

Inondations : l’agglo veut sécuriser   32 km de digues 

 
Stéphane Leulier


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Le territoire reste très exposé aux inondations : l’agglo gère 610 km de cours d’eau et prévoit 100 millions d’euros d’investissement sur dix ans, de 2023 à 2032. Photo archives Matthieu Botte



La lutte contre les inondations entre dans une nouvelle phase. La Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) doit désormais déclarer officiellement ses systèmes d’endiguement. L’enjeu est clair : mieux maîtriser les ouvrages qui protègent les habitants. Sur le territoire, 32 km de digues sont concernés. Ils se répartissent sur plusieurs cours d’eau : 2,35 km sur la Lawe, 13,6 km sur la Nave, 14,5 km sur la Clarence, 1,5 km sur la Laquette, mais aussi de plus petits linéaires sur le Rimbert et le Surgeon, à Estrée-Blanche.



Cette décision de sécuriser 32 km de digues s’inscrit dans la stratégie GEMAPI, chargée depuis 2018 de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations. Un sujet devenu central après les crues de novembre 2023 et janvier 2024. Le territoire reste très exposé : l’agglo gère 610 km de cours d’eau et prévoit 100 millions d’euros d’investissements sur dix ans, de 2023 à 2032.



Comment cela va se passer ?

Pour surveiller, entretenir, exploiter ou réparer ces digues, l’agglo doit pouvoir accéder aux ouvrages. C’est tout l’objet des servitudes d’utilité publique : donner un cadre juridique à cette maîtrise foncière, sans forcément devenir propriétaire des terrains.

Concrètement, la collectivité va lancer des études techniques, foncières et juridiques. Elle devra aussi engager la concertation avec les propriétaires concernés, constituer les dossiers réglementaires et les déposer en préfecture. Des enquêtes publiques et parcellaires seront nécessaires pour chaque système d’endiguement.


Les périmètres précis, la nature des servitudes et le calendrier ne sont pas encore arrêtés. Ils feront l’objet de prochaines délibérations. Mais le cap est fixé : sécuriser les digues, accélérer les procédures et disposer des outils nécessaires pour prévenir les prochaines inondations.:black_medium_square:




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La très attendue ZEC sera opérationnelle cet été 



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L’emprise de la zone d’expansion des crues. Opérationnelle dès cet été, elle fera ensuite l’objet d’aménagements paysagers et de compensation écologique.

Quernes. C’est un projet qui date de 2012. Et qui a été remanié en 2020 du fait d’obstacles fonciers et environnementaux. Les travaux de creusement de la zone d’expansion de crue sont enfin entrés dans le dur. Le chantier de celle de Witternesse, lui, attendra encore.  



Les inondations sont récurrentes le long de la Laquette, entre Estrée-Blanche et Aire-sur-la-Lys. Elles sont même attestées au XVII e siècle, a rappelé le sous-préfet, Sébastien Becoulet. Un sous-préfet qui a aussi rappelé les différents projets voulus ici pour garder les habitants au sec, et qui ont hélas connu «  énormément d’obstacles, notamment fonciers, entre 2012 et 2024 », année où il est arrivé dans l’arrondissement pour immédiatement se retrouver… les pieds dans l’eau.


Ça peut aller vite si…


Le dernier accord pour la réalisation de cet équipement a été donné l’été dernier. Les choses n’ont pas traîné puisque le chantier a démarré il y a quelques jours du côté de la station d’épuration des eaux, entre Liettres et Witternesse. Un chantier à 572 805 € hors taxes financé à hauteur de 40 % par l’État, conduit sous la maîtrise d’œuvre de la Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO) et dont la gestion reviendra à la Communauté d’agglomération Béthune-Bruay, Artois Lys romane (CABBALR).


Gagner du temps


L’ouvrage est creusé sur une superficie de 85 000 m² et pourra absorber quelque 87 000 m 3 des eaux de la Lacquette. Le trop-plein lui sera rendu progressivement. Entre une heure et une journée suivant l’intensité des précipitations, sachant que la ZEC est conçue pour répondre à des crues vingtennales (un risque sur vingt que cela se produise). On espère que cela sera suffisant pour protéger la cinquantaine d’habitations en aval qui ont encore en mémoire les débordements de l’hiver 2023/2024. «  On est de plus en plus vulnérables et on va l’être de plus en plus. L’objectif est de gagner du temps dans un secteur très touché. »


Patrick Verwaere, maire de Quernes, n’a pu que se réjouir de cette concrétisation (avant Witternesse et Lambres-lez-Aire). Embrayant sur les propos de Sébastien Becoulet – «  On ressent encore l’angoisse deux ans après » –, Thierry Laurent, préfet délégué pour la résilience inondation et les politiques de l’eau, estime, lui, qu’«  on a un outil de plus ; un exemple d’intelligence concrète ». Lui a sorti sa calculette : 11 400 € par maison protégée ! «  Il faut ce que soit rappelé pour que prenions conscience du coût de ces réalisations ! » Ah si certains ne pouvaient ajouter à l’angoisse des riverains et alourdir le coût de la facture pour la collectivité…


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