Saint-Venant - Aire-sur-la-Lys. Le sous-préfet Sébastien Bécoulet, qui avait déjà les pieds dans l’eau deux jours après sa prise de fonction en janvier 2024, a fait de la lutte contre les inondations une priorité. La remise en état de la Vieille Lys est une des opérations majeures. Plus facile à dire qu’à faire… On démêle le vrai du faux.
Un curage attendu depuis des décennies
VRAI. Déclarés d’intérêt général par arrêté interpréfectoral le 29 octobre 2025, les travaux de restauration de la Vieille Lys ont débuté le 15 juillet 2026 entre Aire-sur-la-Lys et Saint-Venant, avec une fin de chantier prévue pour le 15 janvier 2027. La maîtrise d’ouvrage est assurée par l’établissement public territorial de bassin Lys Yser ; la maîtrise d’œuvre par l’entreprise SOGETI Ingénierie à Bois-Guillaume (Seine-Maritime).
Le sous-préfet Sébastien Bécoulet rappelait en conférence de presse le 16 octobre qu’« il n’y a pas eu de curage depuis quarante ans. J’ai pu m’en apercevoir deux jours après mon arrivée, avec des embâcles tombés dans la rivière, notamment des saules têtards ». Prioritaires et urgents, ces travaux de « restauration hydromorphologique » de la Vieille Lys complètent un gros dispositif de stockage de l’eau en amont.
Les pâtures d’Aire peuvent retenir 400 000 m 3 . S’ajoutent quatre zones d’expansion de crue (ZEC). Celle de Quernes (89 000 m 3 ) sera mise en service dans les prochaines semaines. La retenue collinaire de Dennebrœucq (16 500 m 3 ) est opérationnelle. La ZEC d’Estrée-Blanche (30 500 m 3 ) est désormais programmée au 2 e semestre 2027, la Communauté d’agglomération Béthune-Bruay ayant convaincu le propriétaire récalcitrant de vendre les parcelles concernées. Quant à la ZEC de Witternesse (42 000 m 3 ), le maire Alain Ducrocq indique que l’EPTB Lys Yser travaille toujours au déblocage de la situation.
L’État exemplaire dans ce dossier ?
VRAI EN PARTIE. Si on met de côté le fait que les élus et les habitants de Saint-Venant affectés par les inondations réclament de tels travaux d’entretien depuis plus de dix ans et qu’André Flajolet, ancien maire, sonnait déjà l’alerte en 2016, l’État a enfin relevé ses manches sur les portions de la rivière appartenant aux Voies navigables de France (VNF). Il montre ainsi l’exemple en réalisant les travaux nécessaires sur le domaine public fluvial. Deux tronçons ont été identifiés prioritaires, à Merville (Nord) et Saint-Venant. Ces tronçons traversent 302 parcelles, appartenant à 152 propriétaires. Sollicités par courrier, 119 propriétaires ont accepté l’intervention et le passage sur leur terrain des engins de chantier de l’entreprise Créavert Paysages, basée à Leulinghem. Mais 33 leur refusent cet accès, représentant 13 % des 302 parcelles.
Les récalcitrants ne pourront plus bloquer les travaux
VRAI.
Le chantier a été stoppé à Saint-Venant à cause d’un propriétaire très remonté, qui refuse le passage des équipes sur ses propriétés. Pour lui forcer la main, le sous-préfet de Béthune a pris un arrêté le 14 octobre 2026 «
portant autorisation d’occupation temporaire des propriétés privées au titre de la loi du 29 décembre 1892 ».
Celui-ci doit permettre la réalisation des travaux prévus.
Le maire de Saint-Venant Benoit Delbecque est chargé de la notification de cette autorisation temporaire aux propriétaires concernés. Un état des lieux sera dressé avant et après les travaux pour justifier une éventuelle remise en état ou une indemnisation pour une éventuelle perte de récolte. L’arrêté court jusqu’au 15 janvier 2028. Sans ce contretemps, ces travaux auraient dû s’achever le 15 janvier 2027.
La Vieille Lys bénéficie d’un simple curage
FAUX.
L’opération en cours ne consiste pas seulement à évacuer les sédiments accumulés dans le lit de la rivière. Une technique innovante a été choisie pour que l’eau circule beaucoup plus rapidement et limite d’autant le dépôt des sédiments qui envasent au fil des ans le lit du cours d’eau. La vase est déposée sur le côté afin de constituer des banquettes végétalisées. Des pieux de 6 mètres sont plantés afin de dessiner un nouveau lit d’étiage en méandres. Résultats, au lieu de courir à 4 ou 5 cm par seconde, l’eau circule quatre à cinq fois plus vite. Les mesures réalisées sur le terrain le 16 octobre, en présence du sous-préfet, étaient à ce titre édifiantes.◼
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