Après les inondations de 2023-24, 14 premières maisons démolies
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Fondée à la suite de l’orage du 27 août 2002, lors duquel un torrent de boue a sinistré 300 maisons poulouches, l’association Allouagne Stop Inondations n’a de cesse de réclamer des mesures de protection aux autorités. Et de sensibiliser les habitants sur ce qui a été fait, et ce qui reste à faire.
En 2004, le cabinet d’ingénierie BRL, basé à Nîmes (Gard), a réalisé une étude qui préconise de creuser plusieurs bassins de rétention, pour une capacité totale de 41 000 m3, 7 000 mètres linéaires de mesures agroenvironnementales (fossés stockants, haies, bandes enherbées…) et de recalibrer le Grand Nocq, un petit cours d’eau qui évacue les eaux pluviales et de ruissellement vers la Clarence.
Depuis, trois bassins ont été creusés, pour 27 000 m3 au total – il manque donc 14 000 m3 de rétention « dure ». Côté rétention diffuse, seuls 330 mètres ont été réalisés. Et si l’agglo a investi 2 M€ pour recalibrer le Grand Nocq en 2020 et 2021, il reste à élargir la buse qui lui permet de passer sous l’A26 : « On n’a pas fait sauter ce verrou mais l’eau arrive plus vite, constate le président Christian Lenglart. Finalement, on a juste déplacé le risque d’inondation du centre du village vers le bas d’Allouagne », constate le président Christian Lenglart.
Dimanche, l’association organise une visite sur le terrain pour expliquer la topographie – Allouagne est située dans une cuvette et est sensible aux pluies d’orage violentes –, décrire l’occupation des sols, essentiellement agricole, et montrer les aménagements, réalisés et à réaliser. La balade passera ainsi par le haut de Lozinghem, le bassin de rétention de la Riviérette, les berges du Grand Nocq et les buses sous l’A26 et le viaduc SNCF, histoire de comparer leurs largeurs respectives.
Rendez-vous dimanche 4 octobre à 10 h à la salle des sports, rue de la Longue-Raie. Durée, 2 heures. Inscription par mail (allouagnestopinondations@hotmail.fr).
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Après les inondations de 2023-24, 14 premières maisons démolies
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Le contexte. Les inondations de l’hiver 2023-2024 ont durement touché le village de Bourthes. Gonflée par les précipitations, les eaux de ruissellement et les sources, l’Aa est plusieurs fois sortie de son lit. Depuis, des aménagements et travaux ont été réalisés en complément de l’existant (lire plus loin).
Les faits. Le 23 juillet, l’Office français de la biodiversité s’est rendu à Bourthes pour évoquer l’entretien de la rivière avec le maire, Jérôme Dausque. Une opération possible sous réserve de respecter certaines obligations et pour laquelle toutes les coordonnées utiles ont été transmises au maire dans la foulée.
Mais le 5 août, l’OFB et la DDTM « ont constaté que les travaux réalisés avaient conduit à une modification du profil en long et en travers du cours d’eau sur un linéaire supérieur à 100 mètres », relate la préfecture. Ce, sans autorisation légale et en ne respectant pas les prescriptions faites lors de la première rencontre. Jérôme Dausque a poursuivi ces travaux malgré des demandes formelles d’arrêt par les services de l’État.
Quelles conséquences ? La préfecture prend cela très au sérieux : « Un rapport de manquement administratif a été notifié au maire le 7 août. Une enquête de l’OFB est en cours afin de préciser la nature et l’ampleur des travaux réalisés et de documenter l’ensemble des faits. Sur le plan administratif, une procédure contradictoire est engagée et pourra conduire à une mise en demeure de remise en état du cours d’eau. » Ce n’est pas tout : sur le plan pénal, avoir fait ces travaux sans autorisation est passible d’un an de prison et 75 000 € d’amende. L’une des questions est aussi de savoir si c’est au budget communal d’assumer les conséquences de cette opération ou si les condamnations doivent viser personnellement ceux ayant pris part au curage.
Ce que dit le maire.La Voix du Nord a contacté Jérôme Dausque. Ce dernier s’est expliqué sur sa décision mais s’est opposé à la publication de ses arguments, précisant qu’il voulait d’abord s’exprimer auprès des Bourthois.
La réaction du SmageAa. Alain Méquignon, maire de Fauquembergues et surtout président du SmageAa, a adressé au préfet du Pas-de-Calais un courrier en date du 18 août pour dénoncer l’audace du maire de Bourthes. L’élu veut bien admettre que « les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances ». Mais revendique des améliorations au fil des ans, « jusqu’à ce que des actions portées en dehors de toute approche de gestion intégrée annulent ces progrès ». Le président ajoute avoir expliqué « patiemment depuis deux ans à la commune de Bourthes comme à d’autres, avec l’appui de données scientifiques unanimes, que le curage ne résoudra pas la problématique des inondations ». Pour Alain Méquignon, « les impacts d’un curage sauvage comme celui-ci sont nombreux », notamment sur la stabilité du lit et des berges. Ou « l’accélération des écoulements vers les communes en aval ». Par ailleurs, le président du Smage Aa craint « particulièrement que ce type d’action ne s’étende aux communes voisines ». Et compte sur la préfecture pour qu’elles ne restent « pas impunies ».
Les élus voisins. Si le maire de Renty, commune en aval de Verchocq, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette « affaire compliquée », la maire de Saint-Martin d’Hardinghem, élue en mars, avoue que « la prise d’initiative interpelle dans la mesure où il faut des autorisations pour ce genre de travaux ». Si elle concède faire connaissance avec le sujet et l’administration d’une collectivité, elle a fait en sorte de se renseigner cet été, notamment avec les visites programmées par le Smage sur le bassin de l’Aa. « Si tout le monde fait ça, qu’en sera-t-il en aval ? » interroge Catherine Hanquez-Thion, maire de la commune juste sous Fauquembergues et où a été aménagé en 2019 un champ d’inondation contrôlé (CIC), le plus vaste des dix créés au fil de l’Aa. Julien Delannoy, maire de Wavrans-sur-l’Aa, en amont de Lumbres, se dit « pas surpris par cette action » après avoir ressenti l’agacement des gens sur la partie amont de l’Aa lors d’une réunion publique à Verchocq le 24 juin. « Beaucoup, et notamment des élus, estiment que ça n’avance pas assez vite », observe le maire, qui siège au SmageAa. Tout en reconnaissant qu’un maire « n’a pas tous les pouvoirs » et qu’on « ne peut pas faire n’importe quoi », évoquant lui aussi « les risques en aval » et le « partenaire essentiel » qu’est le Smage à ses yeux.
Les actions du SmageAa. Le syndicat mixte pour l’aménagement et la gestion des eaux de l’Aa intervient depuis 2004 sur tout le bassin versant de cette rivière et du marais audomarois. Outre l’entretien courant de la rivière, il lutte contre le ruissellement et accompagne des pratiques agricoles permettant la rétention des eaux et leur infiltration. Entre 2015 et 2020, 16 ouvrages semi-structurants ont été créés ou réhabilités en amont de Bourthes et Wicquinghem : ils peuvent stocker 190 000 m3 d’eau, le SmageAa assure leur fonctionnement et leur curage. Dernièrement, l’exutoire du bassin de la creuse du Lot a été amélioré et des sondes ont été installées sur les ouvrages pour un meilleur suivi et permettre des améliorations. Suite aux inondations de l’hiver 2023-2024, la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois (CCHPM) en a créé un supplémentaire à Zoteux (17 300 m3). D’autres sont à l’étude au hameau de Campagnette (Saint-Martin-Choquel) et à Vieil-Moutier (Fond Picard). Ils pourraient être réalisés à partir de 2028. En tout, 355 ouvrages ont été implantés (soit 15,3 km de fascines ou de haies) dans le territoire de la CCHPM sur le versant de l’Aa
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