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10/03/2026

ALLOUAGNE ASSOCIATION CREE PAR Mr BOURDON DCD

Une visite de terrain pour découvrir comment on lutte contre les inondations à Allouagne, dimanche

L’association Allouagne Stop Inondations organise une visite sur le terrain pour expliquer comment les crues peuvent toucher le village et les moyens déployés pour s’en prémunir. Rendez-vous ce dimanche 4 octobre à 10 h devant la salle des sports.Ajouter aux sources préférées sur Google
Par Ruben Muller
Journaliste à la rédaction de Béthune-Bruay

Temps de lecture: 1 min

Fondée à la suite de l’orage du 27 août 2002, lors duquel un torrent de boue a sinistré 300 maisons poulouches, l’association Allouagne Stop Inondations n’a de cesse de réclamer des mesures de protection aux autorités. Et de sensibiliser les habitants sur ce qui a été fait, et ce qui reste à faire.

 

En 2004, le cabinet d’ingénierie BRL, basé à Nîmes (Gard), a réalisé une étude qui préconise de creuser plusieurs bassins de rétention, pour une capacité totale de 41 000 m3, 7 000 mètres linéaires de mesures agroenvironnementales (fossés stockants, haies, bandes enherbées…) et de recalibrer le Grand Nocq, un petit cours d’eau qui évacue les eaux pluviales et de ruissellement vers la Clarence.

 

 

La protection n’est pas achevée

Depuis, trois bassins ont été creusés, pour 27 000 m3 au total – il manque donc 14 000 m3 de rétention « dure ». Côté rétention diffuse, seuls 330 mètres ont été réalisés. Et si l’agglo a investi 2 M€ pour recalibrer le Grand Nocq en 2020 et 2021, il reste à élargir la buse qui lui permet de passer sous l’A26 : « On n’a pas fait sauter ce verrou mais l’eau arrive plus vite, constate le président Christian Lenglart. Finalement, on a juste déplacé le risque d’inondation du centre du village vers le bas d’Allouagne », constate le président Christian Lenglart.

 

 

Dimanche, l’association organise une visite sur le terrain pour expliquer la topographie – Allouagne est située dans une cuvette et est sensible aux pluies d’orage violentes –, décrire l’occupation des sols, essentiellement agricole, et montrer les aménagements, réalisés et à réaliser. La balade passera ainsi par le haut de Lozinghem, le bassin de rétention de la Riviérette, les berges du Grand Nocq et les buses sous l’A26 et le viaduc SNCF, histoire de comparer leurs largeurs respectives.

Rendez-vous dimanche 4 octobre à 10 h à la salle des sports, rue de la Longue-Raie. Durée, 2 heures. Inscription par mail (allouagnestopinondations@hotmail.fr).

 

 

09/19/2026

DEMOLITIONS apres inondations de 2023

Après les inondations de 2023-24, 14 premières maisons démolies 

 
Blendecques. Deux ans et demi après les terribles inondations dans la région, l’agglomération de Saint-Omer a lancé le chantier de démolition des premières maisons   de Blendecques parmi les plus exposées aux caprices de l’Aa. 
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Triste issue. C’est l’issue qu’une habitante historique de la ville redoutait tant et qu’elle a longtemps refusée. Et l’ironie du sort a voulu que la maison de cette femme, tout au bout de l’impasse Salengro, fût la première à disparaître du paysage il y a quelques jours.
La première d’un quartier d’une douzaine d’habitations pavillonnaires construites dans les années 1980, le long de l’Aa, le fameux cours d’eau qui a montré, fin 2023 et début 2024, combien il pouvait être bien plus dangereux qu’un petit fleuve côtier en deux lettres dans les grilles de mots croisés. Toutes les habitations ont été construites par le mari de cette dame, ajoutant une valeur sentimentale à cette triste issue.
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Pourquoi ? Là, en plein centre de Blendecques, l’Aa se sépare en deux bras comme pour mieux piéger les habitations qui la bordent en cas de forte crue. Les inondations de 2023 et 2024 n’étaient pas une alerte. La ville en avait déjà connu en 1999 puis en 2002 pour les plus récentes et marquantes.
Depuis 2002, un syndicat mixte a été créé pour lutter contre les inondations et gérer la rivière avec de gros aménagements sur tout son cours, mais aussi à Blendecques en partie endiguée, il y a une petite dizaine d’années. Mais cela n’a pas suffi. Plus de 700 maisons impactées dans la ville de 5 000 âmes. Trente-six vont être détruites. Dont celles de l’impasse A de la rue Roger-Salengro, qui ont connu jusqu’à 1,80 m d’eau entre leurs murs.
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Blendecques touchée. Cette fois fut celle de trop pour les habitants, élus et même les entreprises de la ville. RDM, l’une des deux papeteries de cette cité ouvrière, a cessé son activité en août 2024, les inondations ayant sans doute précipité la décision de l’actionnaire américain. Dans le centre, l’école privée a, elle aussi, fait les frais des dernières inondations. Elle est en passe d’être reconstruite à 2 km de là, toujours à Blendecques mais loin du centre-ville, sur le site de La Malassise qui l’héberge depuis.
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Chantier lancé. C’est le chantier de démolition de ce quartier qui a démarré il y a quelques semaines. Une douzaine de maisons pavillonnaires rachetées par la communauté d’agglomération (CAPSO) ou l’Établissement public foncier. En attendant deux autres au débouché du carrefour, cette fois rue Salengro, coupée à la circulation depuis le début du chantier.
La CAPSO, maître d’ouvrage, a donné la possibilité aux propriétaires des maisons vouées à la destruction de récupérer un maximum de matériaux (tuiles, fenêtres, etc.) avant de mettre les bâtiments en sécurité.
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Et après ? La démolition et l’évacuation des déchets de l’ensemble de la rue seront terminées avant la fin de l’année. Après quoi l’agglomération cédera la zone au SmageAa, le syndicat en charge du bassin versant, pour «  aménager un ouvrage de gestion des crues nécessitant un reprofilage du lit de la rivière. » Le syndicat mixte restaurera deux méandres «  adaptés » et renaturera l’îlot. Un chantier qui n’interviendra pas avant l’été 2028.
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Au-delà de Blendecques. Il s’agit du premier chantier de démolition d’habitations lancé dans le bassin versant de l’Aa dans le sillage de 2023-24. À ce jour, seule l’école de musique d’Arques, en centre-ville, au bout d’une autre rue emblématique du double épisode de crues, a été mise à terre. Ses voisines, les maisons de la rue Henri-Puype, feront l’objet d’un autre marché de démolition, probablement à partir de septembre 2027. Arques compte encore plus d’habitations à démolir, 43 en tout.◼

09/11/2026

Aa ....curage illegal

Après les inondations, le maire de Bourthes a fait curer l’Aa sans autorisation : les services de l’État ouvrent une enquête

En août, Jérôme Dausque, maire de Bourthes, a décidé de curer l’Aa. Une initiative personnelle, menée sans autorisation préalable du SmageAa ni des services de l’État. L’Office français de la biodiversité a ouvert une enquête.Ajouter aux sources préférées sur Google

 

Par Anthony Berteloot et Cécile Legrand-Steeland

 Temps de lecture: 2 min

Le contexte. Les inondations de l’hiver 2023-2024 ont durement touché le village de Bourthes. Gonflée par les précipitations, les eaux de ruissellement et les sources, l’Aa est plusieurs fois sortie de son lit. Depuis, des aménagements et travaux ont été réalisés en complément de l’existant (lire plus loin).

 

Les faits. Le 23 juillet, l’Office français de la biodiversité s’est rendu à Bourthes pour évoquer l’entretien de la rivière avec le maire, Jérôme Dausque. Une opération possible sous réserve de respecter certaines obligations et pour laquelle toutes les coordonnées utiles ont été transmises au maire dans la foulée.

 

 

Mais le 5 août, l’OFB et la DDTM « ont constaté que les travaux réalisés avaient conduit à une modification du profil en long et en travers du cours d’eau sur un linéaire supérieur à 100 mètres », relate la préfecture. Ce, sans autorisation légale et en ne respectant pas les prescriptions faites lors de la première rencontre. Jérôme Dausque a poursuivi ces travaux malgré des demandes formelles d’arrêt par les services de l’État.

 

 

Un an de prison, 75 000 € d’amende

Quelles conséquences ? La préfecture prend cela très au sérieux : « Un rapport de manquement administratif a été notifié au maire le 7 août. Une enquête de l’OFB est en cours afin de préciser la nature et l’ampleur des travaux réalisés et de documenter l’ensemble des faits. Sur le plan administratif, une procédure contradictoire est engagée et pourra conduire à une mise en demeure de remise en état du cours d’eau. » Ce n’est pas tout : sur le plan pénal, avoir fait ces travaux sans autorisation est passible d’un an de prison et 75 000 € d’amende. L’une des questions est aussi de savoir si c’est au budget communal d’assumer les conséquences de cette opération ou si les condamnations doivent viser personnellement ceux ayant pris part au curage.

Ce que dit le maire.La Voix du Nord a contacté Jérôme Dausque. Ce dernier s’est expliqué sur sa décision mais s’est opposé à la publication de ses arguments, précisant qu’il voulait d’abord s’exprimer auprès des Bourthois.

 

 

La réaction du SmageAa. Alain Méquignon, maire de Fauquembergues et surtout président du SmageAa, a adressé au préfet du Pas-de-Calais un courrier en date du 18 août pour dénoncer l’audace du maire de Bourthes. L’élu veut bien admettre que « les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances ». Mais revendique des améliorations au fil des ans, « jusqu’à ce que des actions portées en dehors de toute approche de gestion intégrée annulent ces progrès ». Le président ajoute avoir expliqué « patiemment depuis deux ans à la commune de Bourthes comme à d’autres, avec l’appui de données scientifiques unanimes, que le curage ne résoudra pas la problématique des inondations ». Pour Alain Méquignon, « les impacts d’un curage sauvage comme celui-ci sont nombreux », notamment sur la stabilité du lit et des berges. Ou « l’accélération des écoulements vers les communes en aval ». Par ailleurs, le président du Smage Aa craint « particulièrement que ce type d’action ne s’étende aux communes voisines ». Et compte sur la préfecture pour qu’elles ne restent « pas impunies ».

« Si tout le monde fait ça, qu’en sera-t-il en aval ? »

Les élus voisins. Si le maire de Renty, commune en aval de Verchocq, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette « affaire compliquée », la maire de Saint-Martin d’Hardinghem, élue en mars, avoue que « la prise d’initiative interpelle dans la mesure où il faut des autorisations pour ce genre de travaux ». Si elle concède faire connaissance avec le sujet et l’administration d’une collectivité, elle a fait en sorte de se renseigner cet été, notamment avec les visites programmées par le Smage sur le bassin de l’Aa. « Si tout le monde fait ça, qu’en sera-t-il en aval ? » interroge Catherine Hanquez-Thion, maire de la commune juste sous Fauquembergues et où a été aménagé en 2019 un champ d’inondation contrôlé (CIC), le plus vaste des dix créés au fil de l’Aa. Julien Delannoy, maire de Wavrans-sur-l’Aa, en amont de Lumbres, se dit « pas surpris par cette action » après avoir ressenti l’agacement des gens sur la partie amont de l’Aa lors d’une réunion publique à Verchocq le 24 juin. « Beaucoup, et notamment des élus, estiment que ça n’avance pas assez vite », observe le maire, qui siège au SmageAa. Tout en reconnaissant qu’un maire « n’a pas tous les pouvoirs » et qu’on « ne peut pas faire n’importe quoi », évoquant lui aussi « les risques en aval » et le « partenaire essentiel » qu’est le Smage à ses yeux.

 

 

Les actions du SmageAa. Le syndicat mixte pour l’aménagement et la gestion des eaux de l’Aa intervient depuis 2004 sur tout le bassin versant de cette rivière et du marais audomarois. Outre l’entretien courant de la rivière, il lutte contre le ruissellement et accompagne des pratiques agricoles permettant la rétention des eaux et leur infiltration. Entre 2015 et 2020, 16 ouvrages semi-structurants ont été créés ou réhabilités en amont de Bourthes et Wicquinghem : ils peuvent stocker 190 000 m3 d’eau, le SmageAa assure leur fonctionnement et leur curage. Dernièrement, l’exutoire du bassin de la creuse du Lot a été amélioré et des sondes ont été installées sur les ouvrages pour un meilleur suivi et permettre des améliorations. Suite aux inondations de l’hiver 2023-2024, la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois (CCHPM) en a créé un supplémentaire à Zoteux (17 300 m3). D’autres sont à l’étude au hameau de Campagnette (Saint-Martin-Choquel) et à Vieil-Moutier (Fond Picard). Ils pourraient être réalisés à partir de 2028. En tout, 355 ouvrages ont été implantés (soit 15,3 km de fascines ou de haies) dans le territoire de la CCHPM sur le versant de l’Aa